FORER : pour une approche communautaire et de développement

SEERA 2017

FORER : pour une approche communautaire et de développement socio-économique du monde rural

Les activités de la semaine des énergies et énergies renouvelables d’Afrique ont pris leur envol le 02 mai par une cérémonie d’ouverture présidée par le Ministre de l’Energie Pr Alfa Oumar DISSA en présence des experts et autre acteur œuvrant dans le domaine de l’énergie. Les 02 et 04 mai 2017, ont été consacrés au Forum des Energies Renouvelables  à travers le dialogue des partenaires et les travaux en plénière.jatropha

Le dialogue des partenaires organisé par le FORER a permis de réunir au tour d’une même table d’experts nationaux, sous régionaux, d’institutions financières, d’investisseurs privés, de jeunes entrepreneurs africains et de personnalités du monde scientifique et technologique du domaine des énergies renouvelables. Les échanges se sont focalisés sur le rôle et action des institutions et PTF, la responsabilité des entreprises et le rôle des parties prenantes dans le financement et le montage financiers des projets.

Les activités de la journée du 04 mai se sont  déroulées au tour des sujets de la bioénergie et solaire thermique mais aussi sur l’énergie solaire et électrification rurale.

Promotion du Jatropha curcas comme source d’Agrocarburants  Durable au Burkina Faso.

Au cours de la décennie 2000, face à la hausse continue des prix des hydrocarbures le Burkina Faso s’est orienté vers une vision du développement des biocarburants reposant sur trois objectifs majeurs à savoir,  réduire l'impact  des  importations  d'hydrocarbures  sur  l'économie  du Burkina Faso.Valoriser les avantages de la production de biocarburants pour le développement de l'économie et des conditions de vie du monde rural en particulier, celui de l'économie en général et enfin  Contribuer à la  lutte  contre  la  pauvreté  en  milieu  rural  par  le développement de filières de production d'HVB pour une consommation locale selon Monsieur JEAN DE DIEU YAMEOGO Coordonnateur du Projet.Ainsi, le Gouvernement du Burkina Faso a identifié le Jatropha Curcas comme source pour la production d’agrocarburants durable. Le projet a pour but de restructurer la filière de production du Jatropha curcas en vue de renforcer  l’économie locale, améliorer les conditions de vie des ménages ruraux, récupérer les terres dégradés, préserver le foncier rural,réduire des émissions de gaz à effet de serre ; Promouvoir l’utilisation rationnelle de l’huile végétale comme combustible durable.

Actions de relance de la filière

Des actions doivent être entreprises pour relancer la filière Jatropha selon M. YAMEOGO. Pour lui il faut  développer un modèle technico- économique durable de la production du Jatropha et couvrir la chaine d’approvisionnement/collecte des graines sur l’ensemble des 08 zones. Aussi, il faut identifier les producteurs engagés et renforcer leurs capacités, fournir des plants et accompagner les paysans dans la plantation ou regarnissage, sensibiliser les acteurs pour une consolidation des chaines de valeurs de la filière, assurer une assistance technique locale aux producteurs ruraux (animateurs/animatrices) et promouvoir l’utilisation des tourteaux comme compostes organiques en milieu rural et valoriser les sédiments d’huile en savon pour les ménages. De plus, il faut l’implication des instituts de recherches afin de capitaliser les bonnes pratiques culturales en vue de booster la productivité agricole et du Jatropha curcas et identifier les méthodes endogènes de protection des plantes contre les bio-agresseur. Il faut également contribuer à la définition des normes de l’huile de Jatropha et au développement des technologies d’utilisation efficiente de l’huile et des sous-produits de la filière, assurer une assistance technique aux opérateurs et contribuer à la sensibilisation, la mobilisation des acteurs de développement de l’économie  rurale. Pour finir  il faut aussi un renforcement du cadre de concertation.

 Plus de vision de la filière jatropha

Abordant les Perspectives, M. YAMEOGO souhaite laMise en place d’un cadre incitatif pour la production des bioénergies, la diffusion  des bonnes pratiques culturales du Jatropha auprès des producteurs. Il faut également mettre sur le marché des plants améliorés à moindre coût et promouvoir le regarnissage ou la plantation, l’utilisation des tourteaux comme fertilisant organique. Il faut développer les techniques de cultures associées afin de booster les rendements ou des haies vives pour la délimitation des terres ou la protection du sol contre les phénomènes d’érosion éolien /hydrique, encadrer les coopératives ou groupements locaux de femmes sur la mise en valeur de réseau de collecte et d’approvisionnement des graines au centre de trituration. La participation active du département en charge de l’Agriculture pour la valorisation des sous-produits du Jatropha curcas en vue de l’amendement des terres est une nécessité. Cette implication peut conduire à la prise en compte de la filière dans les politiques agricoles.

Avant l’intervention de M. YAMEOGO, coordonnateur du projet jatropha,  les participants ont eu droit à des communications qui ont portées sur l’énergie solaire et électrification rurale.

M. Alassane TIEMTORE del’Autorité de Régulation du Secteur de l’Energie (ARSE) a fait remarquer au cours de  sa présentation intitulée « enjeux du développement des systèmessolaires avec mini-réseaux OFF GRID » que le développement des mini réseaux avec des systèmes solaires constitue un enjeu pour l'accès à l'énergie.Le coût de raccordement « global » d'un abonné FDE est de l'ordre de 2 millions.Les lumières LED sont bien adaptées pour les villages hors réseau car elles peuvent être exploitées avec seulement une cellule solaire et une batterie. La durée d'utilisation des ampoules est de 100 000 heures (11 ans), comparativement à environ 1000 heures pour les ampoules à incandescence. Il poursuit en disant que le développement des systèmes solaires avec mini-réseaux OFF GRID permet aux habitants des villages de connaître une vie saine et épanouie, de parvenir à leur potentiel de développement, de gagner des revenus viables et d’être connectés au monde plus large, ce qui leur donne un choix réel entre la voie traditionnelle d’émigration vers les villes ou la vie dans un village intelligent. Cependant, un cadre politique et réglementaire de soutien est nécessaire qui établit des objectifs clairs, établit des systèmes pour mesurer les progrès et favorise la création d'entreprises rurale. Aussi, le financement des gouvernements et des bailleurs de fonds devrait se concentrer sur le renforcement des capacités et permettre aux populations locales de «le faire pour eux-mêmes».

Programme National de Biodigesteurs du Burkina Faso : Vivons mieux au village!

Le Programme National de Biodigesteurs du Burkina Faso a pour objectif global de créer un secteur permanent (viable, orienté vers le marché) et multi acteurs de construction de biodigesteurs afin d’améliorer les conditions de vie des ménages ruraux et péri urbains. Les stratégies de mise en œuvre du PNB sont axées sur le faire-faire à travers la contractualisation avec des partenaires publics ou privés, le transfert des compétences et des responsabilités aux partenaires, la Synergie avec les partenaires (projets, programmes et ONG…) pour une meilleure efficacité et le financement basé sur le résultat.Comment assurer un approvisionnement durable en énergie à une population en forte croissance, tout en protégeant l’environnement ? Comment apporter des solutions aux questions d’insécurité alimentaire? Comment réduire la pauvreté des ménages ruraux? C’est à ces questions que le coordonnateur du Programme National Biodigesteurs du Burkina Faso (PNB) a apporté des éléments de réponses au cours de sa présentation sur l’expérience du Programme National Biodigesteurs. Dans sa présentation, le coordonnateur du PNB indique que de nombreux résultats ont été enregistrés dont les  principaux sont : 4 Partenaires de mise en œuvre qui travaillent avec 4 Coopératives de maçons constructeurs,4 Entreprises privées individuelles de Construction de Biodigesteurs, 117 maçons actifs repartis entre les coopératives et les entreprises privées et 11 966 personnes formées à l’utilisation et àl’entretien du biodigesteur. Aussi, 3 662  acteurs  intervenant directement dans le secteur ont été formés et la mise au point de bonnes pratiques de valorisation de l’effluent du biodigesteur en productions agro-pastorales. Poursuivant sa communication, il indique que le PNB a eu des impacts significatifs comme la création d’emplois et lacréation de revenus à hauteur de 1,1 milliard F CFA  de chiffre d’affaire repartis entre les acteurs (2010 à 2015). 

Critères d’éligibilité du ménage

 Selon le coordonnateur pour être éligible au programme de biodigesteur, il faut avoir des animaux,avoir un point d’eau permanent à proximité du ménage, garantir la propriété foncière. La contribution du ménage à hauteur d’environ 50 % du coût: 320 000 F CFA pour un ouvrage de 6m3, l’allocation d’une subvention de 160 000 FCFA par biodigesteurpar le Gouvernement : Prestations pour la construction et le Service après-vente et l’acquisition d’équipements et d’accessoires de plomberie.

Quelles sont les perspectives du PNB?

 Aux dires du coordonnateur, le PNB entend améliorer la fonctionnalité des installations à travers le renforcement continu des bases du secteur de la technologie. Aussi, améliorer l’accessibilité à la technologie à travers le crédit biogaz et l’ouverture du secteur à plus d’acteurs privés. De plus, il ya l’optimisation de la valorisation de l’effluent/compost dans les productions  agro-pastorales et piscicoles, de l’accès au financement carbone pour contribuer à la durabilité des actions et à la qualité des services dans le secteur de la technologie et enfin réaliser 40 000 ouvrages du programme présidentiel (2016-2020).

Serge Coulibaly